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Puvis de Chavanne

Panthéon

Paris, Paris
par Observatoire du Patrimoine Religieux (regard de passionné)

A la suite d’une guérison jugée miraculeuse, le roi Louis XV décida en 1744 de remplacer l’église de l’ancien couvent Sainte-Géneviève - patronne de Paris - par une nouvelle dédiée à la sainte invoquée par le roi pour cette guérison.

L’architecte choisi par le marquis de Marigny (1727 - 1781), alors en charge des bâtiments du Roi, fut Jacques-Germain Soufflot (1713 – 1780), encore peu connu à cette époque. Tous deux revenaient d’un voyage en Italie au cours duquel l’architecte avait pu admirer les plus belles reliques de l’antiquité romaine. Cette influence se retrouve dans le style de l’édifice dont la structure reste très traditionnelle : le plan en croix couronné par un dôme à la croisée du transept est un héritage de la Renaissance. Particulièrement inventif, Soufflot sut donner l’impression que cet audacieux dôme ne repose que sur de minces piles à la croisée alors qu’en réalité tout un système de contrefort est dissimulé. Après une construction difficile, en raison de la situation des finances du Royaume, la première pierre est posée en 1764 par le roi lui-même, et la construction ne fût achevée qu’en 1790.

La Révolution s’en emparait pour en faire un monument symbolique du nouveau régime : le Temple des Grands Hommes. Quatremère de Quincy fut chargé d’adapter le monument à sa nouvelle fonction et boucha les fenêtres.

En 1823 le Panthéon, tout en restant affecté à ce nouvel usage, reprit ses fonctions cultuelles « normales » et le Roi Louis XVIII chargea alors Jean-Antoine Gros (1771 – 1835), de décorer la coupole, qui s’enrichit ainsi d’une Apothéose de Sainte-Geneviève, que l’on peut encore admirer. Au gré des changements politiques, le bâtiment s’est ainsi trouvé chargé d’emblèmes représentant les différents régimes du siècle. La Monarchie de Juillet ajoute ainsi un fronton dû au sculpteur Pierre-Jean David d’Angers (1788 – 1856) qui montre la Patrie distribuant les couronnes aux grands hommes. Le Second Empire rend à l’édifice sa double fonction politique et religieuse, avant que la Troisième République ne modifie à nouveau l’édifice en le destinant – dès 1885, à l’occasion des funérailles de Victor Hugo - uniquement à la mémoire des « Grands hommes », usage qu’il conserve aujourd’hui. Des artistes français tels que Puvis de Chavannes et Jean-Paul Laurens sont chargés de réaliser des peintures murales à la gloire de la France à travers ses héros chrétiens. Aujourd’hui, 75 personnes sont inhumées dans l’ancienne église Sainte-Geneviève.

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