Eglise Notre-Dame
Bréville-sur-Mer (50), MancheA quelques encablures de la mer, adossée à la colline qui surplombe la côte, l'église de Bréville mérite un détour pour de multiples raisons. Pour le cadre éminemment champêtre et marin comme pour son architecture qui marie harmonieusement un vaisseau roman coiffé d'une élégante flèche gothique.
Elle est située sur un des chemin montois, dit "chemins aux anglais". Ce dernier empruntait la côte Ouest de la Manche depuis Cherbourg.
Texte et illustration © Claude Rayon www.eglisesdelamanche.com
Traits essentiels
- Style :
- Base romane avec flèche gothique
- Époque de construction :
- XIIème
- Surface :
- Matériaux :
- Granit et shiste
- Couverture :
- Ardoises
- Protection :
- Éléments protégés :
- Premier propriétaire :
- Propriétaire actuel :
- Commune de Bréville
Eglise Notre-Dame, Bréville-sur-Mer (50)
La nef, au sud, n'a pas conservé ses baies romanes. Elles ont été remplacées par de plus grandes en 1832. Sa partie Nord est aveugle. On peut encore y voir une baie romane obstruée à linteau monolithe. On y remarque une jolie porte aux voussures brisées du XIIIème. A la base Sud de la tour s'ouvre une porte romane, dont l'archivolte formée d'un épais bandeau orné de dents-de-scie en fort relief sculptées en creux d’un rang de bâtons brisés disparait dans la maçonnerie de la nef. Elle repose sur une tête sculptée. On reconnait aussi des dents-de-scie sur le chamfrein de la voussure dont le claveau central est une tête humaine. Ces deux sculptures faites de pierre plus tendre sont assez dégradées hélas!Le mur du chœur a gardé deux contreforts plats. Une tête seule se trouve à l'angle du mur de la nef. On remarque des modillons sous corniche que de Gerville qualifiait de "corbeaux grotesques". Ce qui prouve que le sens de l'esthétique a considérablement évolué depuis les années 1815! L'étage de la tour et sa flèche dateraient du XVème ou XVIème. Le clocher octogonal avec ses gables à fines colonettes est plutôt élégant. Suite à des dommages dûs à la foudre, il a été restauré en 1987. Le chœur se termine par une sacristie à cinq pans du XIXème. Un arc aux claveaux irréguliers sépare la nef du chœur. L'enduit qui couvrait la voute a été enlevé il y a vingt ans, au moment de la réfection du clocher. La nef a retrouvé sa voute en berceau en bois. Elle a conservé sa chaire de facture traditionnelle. L'arc triomphal, qui sépare le transept du chœur, est renforcé par un arc reposant sur des colonnes engagées. Il est vraisemblablement du XVème ou du XVIème. La croisée d'ogives du transept est de même époque que celles surmontant les travées du chœur. On remarquera la retombée près de l'autel sur des culots à têtes humaines grimaçantes.L'église a gardé son cimetière, avec son if et la grande croix de granit aux fût et croisillon cylindriques, posés sur dé avec double emmarchement. Une pierre tombale gravée mérite l'attention : celle de René Perrée ( mort en 1779), armateur et corsaire et de son fils, Pierre-Nicolas, homme politique, mort en 1816. Une particularité : le lavoir est dans le cimetière non loin de la fontaine Saint-Hélier à laquelle on prêtait, il n'y a pas si longtemps des vertus guérisseuses (Saint-Hélier fait partie des sainst guérisseurs) contre la fièvre tremblante, consacrée encore en 1888. On imagine sans peine, il y a peu encore, les voix des vivants affairés et les gestes quotidiens de la vie dans cet endroit réservé aux morts.
